- Sur un bateau, on ne dit pas gauche/droite mais bâbord/tribord, et il y a une bonne raison
- Une quarantaine de mots suffisent pour comprendre 90 % de ce qui se dit à bord
- Chaque terme technique a un équivalent du quotidien (volant, accélérateur, frein...)
- Le vocabulaire des manœuvres est le plus utile à connaître avant un stage
Sommaire de l'article
Une quarantaine de mots suffisent pour comprendre 90 % de ce qui se dit à bord d'un voilier. Voici les termes que vous allez réellement entendre, classés par usage, avec des analogies simples pour les retenir.
Pourquoi le vocabulaire marin est différent (et pourquoi c'est important)
On pourrait très bien dire « gauche » et « droite » sur un bateau. Si les marins utilisent « bâbord » et « tribord » depuis des siècles, c'est pour une raison simple : quand quelqu'un crie une instruction face à vous, votre gauche n'est pas la sienne. Bâbord et tribord sont absolus, ils ne changent pas selon l'orientation de la personne qui parle. Quand la mer est agitée et que les réactions doivent être immédiates, cette précision peut éviter une collision.
Le vocabulaire marin n'est pas du snobisme, c'est un outil de sécurité et d'efficacité développé par des gens qui risquaient leur vie en mer. Si vous l'abordez comme ça, il devient beaucoup plus facile à retenir parce que chaque mot a une raison d'exister.
S'orienter sur le bateau :gauche, droite, avant, arrière
Maintenant que vous savez pourquoi ces mots existent, commençons par les plus basiques, ceux que vous entendrez dès la première minute à bord :
- Bâbord : le côté gauche du bateau quand on regarde vers l'avant. Moyen mnémotechnique : bâbord et gauche ont le même nombre de lettres (6).
- Tribord : le côté droit. Tribord et droite ont le même nombre de lettres (7).
- Proue (ou étrave) : l'avant du bateau, la pointe qui fend l'eau.
- Poupe : l'arrière du bateau, là où se trouve la barre.
Deux autres termes de direction reviennent en permanence :
- Au vent : le côté du bateau qui reçoit le vent en premier.
- Sous le vent : le côté opposé, abrité du vent. Si vous devez vous pencher par-dessus bord, c'est toujours sous le vent, le vent vous repousse vers le bateau au lieu de vous en éloigner.
Les parties du voilier :la structure expliquée simplement
Imaginez un voilier comme une maison sur l'eau. La coque, c'est la structure, les murs et le sol. Le cockpit, c'est la terrasse, l'espace extérieur où l'on barre et où l'on vit. La cabine, c'est l'intérieur, chambre, cuisine, salon.
Une fois que vous savez où est l'avant et où est l'arrière, il reste à identifier les pièces principales du bateau. Six éléments suffisent pour s'y retrouver :
- Le mât : le grand poteau vertical au milieu du bateau. Il porte les voiles.
- La bôme : la barre horizontale en bas de la grand-voile, articulée au pied du mât. Attention à votre tête quand elle traverse pendant un empannage.
- La quille : l'aileron sous la coque, invisible quand le bateau est à l'eau. C'est elle qui empêche le voilier de dériver et qui le maintient stable, un peu comme le contrepoids d'un punching ball.
- Le safran : le gouvernail immergé à l'arrière, relié à la barre.
- La barre (franche ou à roue) : votre volant. Vous la tournez pour diriger le bateau.
- Les winchs : les petits treuils à manivelle sur lesquels on enroule les cordages. Ils démultiplient votre force pour border les voiles.
Pour aller plus loin sur l'anatomie d'un voilier, consultez notre guide détaillé sur les parties d'un voilier.
Les voiles et les cordages :ce qui fait avancer le bateau
Un voilier standard a deux voiles principales, et chacune est contrôlée par des cordages spécifiques. Première règle à retenir : sur un bateau, on ne dit jamais « corde ». On dit cordage ou bout (prononcé « boute »). La seule corde à bord, c'est celle de la cloche, et encore, c'est surtout une blague de marins.
Les voiles :
- La grand-voile : la voile principale, fixée au mât et à la bôme. C'est la plus grande, celle qu'on voit de loin.
- Le génois (ou foc) : la voile d'avant, fixée à l'étai (le câble qui va du haut du mât à la proue). Le foc est techniquement plus petit que le génois, mais au début les deux termes sont interchangeables.
- Le spi (spinnaker) : la grande voile colorée et gonflée qu'on envoie quand le vent vient de l'arrière. Vous ne l'utiliserez pas lors de vos premières sorties.
Les cordages essentiels :
- L'écoute : le cordage qui règle l'angle de la voile par rapport au vent. Pensez-y comme un accélérateur : vous tirez (bordez) pour resserrer la voile, vous relâchez (choquez) pour l'ouvrir. C'est le cordage que vous manipulerez le plus.
- La drisse : le cordage qui monte la voile en haut du mât. Drisse de grand-voile, drisse de génois, chaque voile a la sienne. Une fois la voile hissée, on n'y touche plus jusqu'à l'affalage.
- Le hale-bas : le cordage qui maintient la bôme vers le bas, surtout utile quand le vent vient de l'arrière.
Comment s'appellent les cordages sur un bateau ?
Drisse, écoute, amarre, hale-bas... Chaque cordage a un nom selon sa fonction. Le guide complet.
Comprendre les cordages d'un voilierLes manœuvres :les mots d'action que vous entendrez à bord
Jusqu'ici on a nommé des choses. Maintenant on passe aux verbes, les mots d'action que le skipper va utiliser pour vous donner des instructions. Vous n'avez pas besoin de les connaître par cœur, juste de savoir ce qu'ils veulent dire quand quelqu'un les crie dans le vent.
- Border : tirer sur l'écoute pour resserrer la voile vers l'axe du bateau. Quand on vous dit « borde ! », tirez le cordage vers vous.
- Choquer : relâcher l'écoute pour ouvrir la voile. L'inverse de border. « Choque ! » signifie laissez filer.
- Virer de bord : changer de direction en passant face au vent. Le virement de bord est la première manœuvre que vous apprendrez.
- Empanner : changer de direction en passant vent arrière. Plus délicat car la bôme traverse brusquement d'un côté à l'autre.
- Lofer : tourner le bateau vers le vent (remonter).
- Abattre : tourner le bateau en s'éloignant du vent (descendre).
- Hisser : monter une voile à l'aide de la drisse.
- Affaler : descendre une voile. L'inverse de hisser.
- Étarquer : tendre une voile ou un cordage au maximum.
Le vent et les allures :le carburant et les vitesses
Le vent est le moteur du voilier, et la direction d'où il vient par rapport au bateau détermine ce qu'on appelle l'allure, un peu comme les rapports de vitesse d'une voiture, sauf qu'ici c'est le vent qui décide du rapport. Comprendre les allures prend un peu plus de temps, mais voici les termes de base :
- Le près : vous remontez au vent, voiles bordées au maximum. C'est l'allure la plus technique, celle où le bateau gîte le plus.
- Le travers : le vent vient de côté, perpendiculaire au bateau. Confortable, stable, idéal quand on débute.
- Le largue : le vent vient de trois quarts arrière. Le bateau accélère, la gîte diminue, les sensations montent.
- Vent arrière : le vent pousse par derrière. Paradoxalement moins rapide que le largue, et attention à l'empannage involontaire.
- Bout au vent : face au vent, les voiles faseyent (battent dans le vide). Le bateau ne peut pas avancer, c'est la zone interdite.
Trois mots liés au vent que vous croiserez aussi :
- Rafale : une augmentation soudaine et brève de la force du vent.
- Adonnante : un changement de direction du vent favorable qui permet de remonter davantage.
- Refusante : l'inverse, un changement qui vous force à abattre.
La force du vent se mesure en nœuds et se classe selon l'échelle de Beaufort, de force 0 (calme plat) à force 12 (ouragan). Pour débuter, visez des conditions de force 3 à 4, entre 10 et 20 nœuds, c'est le créneau idéal pour apprendre sans stress.
Ce que le skipper va vous dire (et ce que ça veut dire)
Vous connaissez maintenant les mots. Reste à savoir à quoi ils ressemblent en situation réelle, voici les phrases que vous allez entendre lors de votre premier stage de voile, avec leur traduction.
| Ce que le skipper dit | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| « Pare à virer ! » | Préparez-vous, on va changer de direction. |
| « On vire ! » | C'est maintenant, le bateau tourne. |
| « Choque l'écoute ! » | Relâche le cordage que tu tiens. |
| « Borde ! » | Tire le cordage vers toi. |
| « Attention à la bôme ! » | Baisse la tête, la barre horizontale va traverser. |
| « On est bout au vent. » | On est face au vent, les voiles ne portent plus. |
| « Lofe un peu. » | Tourne légèrement vers le vent. |
| « Abats ! » | Tourne en t'éloignant du vent. |
| « Prends un tour de winch. » | Enroule le cordage autour du petit treuil. |
Comprendre les allures d'un voilier
Le vent est le moteur du voilier. Les allures, c'est le rapport entre votre bateau et le vent, le concept qui rend tout le reste logique.
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Questions fréquentes
Combien de mots faut-il connaître pour débuter la voile ?
Une quarantaine de termes couvrent 90 % des situations à bord. Les mots de direction (bâbord, tribord), les voiles (grand-voile, génois), les cordages (écoute, drisse) et les actions de base (border, choquer, virer) suffisent largement pour vos premières navigations.
Comment retenir le vocabulaire marin rapidement ?
La meilleure méthode, c'est de naviguer : le vocabulaire rentre naturellement quand vous associez un mot à un geste et à une situation concrète. En attendant, les analogies du quotidien aident, la barre c'est le volant, l'écoute c'est l'accélérateur, la quille c'est le contrepoids. Le moyen mnémotechnique bâbord/gauche (6 lettres chacun) fonctionne toujours.
Pourquoi ne dit-on pas « corde » sur un bateau ?
Par tradition et par précision. Chaque cordage porte le nom de sa fonction : l'écoute règle la voile, la drisse la hisse, l'amarre attache le bateau au quai. Dire « corde » ne donne aucune information utile quand il faut réagir vite. La seule corde tolérée à bord, c'est celle de la cloche.
Faut-il apprendre le vocabulaire avant un stage de voile ?
Ce n'est pas obligatoire, les moniteurs vous expliqueront tout. Mais connaître les termes de direction, les voiles et les manœuvres de base vous fera gagner une demi-journée de compréhension et vous évitera le stress de ne rien comprendre les premières heures à bord.